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GENESE ET EVOLUTION DE BATIE

LA DYNASTIE

Au commencement étaient trois grandes familles !!!

Dans le territoire « Yié » qui sera ensuite appelé Té et plus tard Batié par les autorités, étaient déjà installées trois grandes familles (Chefs) :

La famille Folom, grand forgeron installé à Hiala.
La famille Foki, expert dans l’art de construction de clairières installé à Dzan et
La famille Foyé, voyant de grande réputation installé à Feuh. 

Tous se trouvant dans le périmètre de Hiala (quartier de la chefferie actuelle).

Entre les trois familles existait une relation de complémentarité.  Quoique vivant indépendamment l’une de l’autre et chacun jaloux de son autonomie, ces rois se rencontraient lorsque nécessité s’imposait.

Folom pourvoyait Foki et Foyé en armes pour la chasse, Foki apportait son savoir faire dans l’art de construction tandis que Foyé était le médecin des familles Folom et Foki. Il faut signaler que chacun avait derrière lui épouses, enfants et serviteurs, mais l’harmonie du groupe sera brisée par l’intrusion d’un nouveau, plus rusé, venu d'une contrée lointaine.

Un chasseur du nom de Tatomdjap arrive dans la région « Yié » en provenance du village Bagam (Ham-Ngouh) dans le Banboutos actuel. Celui-ci prince de son état est accompagné de ses fidèles, de leurs épouses et serviteurs.


C’est FOLOM dont la chefferie se trouvait à l’époque face à la chefferie actuelle (concession de MEFODOM) qui accueille cet étranger qui le fascine par sa puissance. Il l’installera dans l’actuelle concession de MEFOGOUONG avec comme grande cour « Meuya » c'est l’endroit appelé aujourd’hui SEM-KAN. La place du marché de la chefferie actuelle appartenait à FOLOM.

Tatomdjap, le chasseur rusé, ayant vu la fascination qu’il exerçait sur les rois locaux avait décidé d’exploiter cette situation en sa faveur. Pour cela il fallait procéder par étapes de peur qu’une coalition des rois locaux ne vienne à bout de ses ambitions.

C’est d’abord sur FOLOM que Tatomdjap va jeter son dévolu. En effet, Folom est celui qui pouvait être très dangereux parce que pourvoyeur d’armes.

A l’époque, le vol est interdit et sanctionné par la peine capitale.


TATOMDJAP par une nuit, après concertation avec ses compagnons de route et futurs collaborateurs, décida d’aller attacher une chèvre dans la concession de FOLOM. Le lendemain, ils accuseront ce dernier de vol de chèvre, et l’enterreront jusqu’au niveau des reins. Ils exigeront par la suite que ce dernier leur donne son bracelet rouge (KWAN PAN) qui est son attribut de titre de roi. Pour avoir la vie sauve, il s’exécutera. On le chassera de sa concession et il ira se réfugier à LAGOU au lieu dit "FEM-GOU": lieu encore non habité à l’époque. C’est là que se trouvent aujourd’hui ses descendants mais on peut encore voir de nos jours les restes de pierres que FOLOM utilisait pour ses forges dans la concession de MEFOGANG.

La deuxième victime sera FOKI roi des clairières. Tatomdjap envoya ses serviteurs arrêter le WALA (Ministre de la Cour) de FOKI et le garda dans un lieu secret de sa concession. A l’endroit de l’arrestation, il versa le sang d’une chèvre fraîchement égorgée.

L’information parvenu à FOKI faisant état d’assassinat de son serviteur (WALA) par les hommes de Tatomdjap. Foki piqua une crise de colère et sans tarder se saisit de l’un des hommes de Tatomdjap qu’il exécuta sans autre forme de procès.

Lorsque Tatomdjap réclama son WALA, FOKI lui rétorqua ‘Rends – moi le mien et je te rendrais le tien’’.
A la question de savoir ce qu’il ferait si Tatomdjap lui rendait son WALA, il répondit "Je te remets mon KWAN-PAN". Le serviteur kidnappé de Foki fut alors amené en public sain et bien entretenu et, tout stupéfait et confus, Foki remit son Kwan-Pan (attribut de roi) à Tatomdjap.

Conscient du capital de confiance qu’il avait accumulé, Tatomdjap ne cacha plus ses intentions de s’imposer comme le seul souverain de toute la contrée.
C’est ainsi que devant la résistance de Foyé qui n’était pas aussi puissant que ses pairs Tatomdjap le brutalisa et le contraignit à transporter lui-même ses pierres sacrées (Loung Yé) sur lesquelles on passait les épreuves de cadi ( NGWE ) pour les déposer sous menaces dans la maison des ‘SOUOP’ (Maison sacrée où se déroulent les séances de cadi). IL sera tué et enterré au "FEM-KA'A’’, (c’est pourquoi un FOYE ne peut mettre les pieds au FEM-KA'A) et son successeur sera nommé TADI-SOUOP (grand prêtre de cette maison des SOUOP).

TATOMDJAP peut alors s’imposer comme le tout premier roi de la localité qui prit le nom de Yié. La préoccupation première fut de mettre en place les premières institutions qui devaient dans les décennies suivantes faire de ‘Yié’ un royaume admiré et craint par ses voisins.

Les différentes successions à la tête du Royaume Té:

Depuis sa fondation, quatorze rois ont succédé à la tête du royaume Té et chacun a tenu à marquer son règne de quelque manière que ce soit.

1. Fo'o TATOMDJAP, le premier roi, eut le mérite de mettre sur pied une autorité unique devant régir toute la population. Le nouveau monarque va procédé à une organisation sociale bien hiérarchisée avec centralisation du pouvoir autour de sa personne. Il va commencer par anoblir ses compagnons et collaborateurs. Ce sont d'ailleurs ceux-ci qui formeront la caste des neuf notables ou "KEM-MVU" qui joua pendant lontemps le role de conseil et de controle de l'application des décisions du roi.

2. Fo'o NKENZE-KOUO,
le fils ainé de TATOMDJAP, s’installe au palais après la mort du roi pendant plusieurs années au point que tout le monde le prend déjà comme le nouveau maître des lieux.
Un jour, il convoque les populations. Coup de théâtre : il annonce qu’il n’est pas le véritable successeur et qu'il n’avait été là que pour expédier les affaires courantes en attendant que le vrai successeur TANZE-DEU (encore jeune quand leur père mourait) puisse atteindre l’âge majeur.

Selon une autre version, KENZE-KOUO à la mort de son père aurait effectivement voulu s’emparer du pouvoir. Malheureusement pour lui, la pipe royale de TATOMDJAP qui devait conférer à son détenteur la légitimité de la succession disparut. NKENZE-KOUO régnera durant quelques années sans conviction. Fortement contesté, il sera obligé de démissionner laissant la place à l’ayant droit son frère cadet pour aller s’installer à SEM-KAN. Mais voyant que c’était trop proche de la chefferie, il ira successivement à KOUOSEU (Hiala) KUO-KEU ( Famgoum I). Le seul bien qu’il emporta fut le Kui'i-Fo.

3. Fo'o TANZE-DEU. La pipe royale réapparut dès son intronisation. C’était le Wala Ka (1er  Ministre) de TATOMDJAP qui avait caché la pipe par fidélité et respect de la dernière volonté de son maître. C’est pour cela qu’on l’appellera plus tard ZEFANKENG (Détourneur de pipe). TANZE-DEU est le véritable unificateur et réconciliateur du peuple autour du pouvoir.

4. Fo'o NGOUO-MEDOM ambitieux et rusé, il concrétise l’autorité centrale qui s’est affirmée sous le règne de TANZE-DEU. Ainsi il se fixa comme objectif la soumission de tous les sujets rebelles de son Royaume afin d’en devenir le seul souverain puissant. Tous ceux qui manifestaient quelques velléités de résistance à NGOUMEDOM seront pourchassés, déportés ou vendus comme esclaves. Certains réussiront à s’enfuir tel ce fils de FOLOM qui se réfugia à Babouantou où on fit de lui de Sous-Chef FOLEM.

A l'époque de cet conquête, les sous chefferies CHEPAN et MEUTCHOUE-FODOM n'existaient pas encore. C’est plus tard que des princes (Fo Mbeh-Ngang et Fo-Ndom) ayant discuté sans succès le trône dans leurs villages respectifs (dans le haut – Nkam ) vinrent demander l'asile politique et furent installés aux endroits actuels avec leurs partisans et grâce à la bienveillance du Roi de Batié. Ceux-ci vont accepter le titre de Fo-Teu et faire acte d'allégeance au pouvoir central à Hiala.

UNE HISTOIRE DIGNE D’UN CONTE DE FEE

5. Fo'o NDJABOUKEM, successeur de NGOUOMEDOM, ( 5è de la dynaste) connut une véritable mésaventure. On rencontre que tous ses enfants mourraient, ensorcelés par sa mère MEBOUATCHOU.
Un jour, un de ses serviteurs lui dit : je vais te montrer où vont tous tes enfants. Il transforma le roi DJABOUKEM en mouton borgne et le conduisit au marché de la sorcellerie (SEM-SIE). Il y retrouva tous ses enfants décédés. Chacun d’eux venait devant leur grand- mère assise sur un trône et disait : yi’aah MEBOUATCHOU et elle répondait "Je ne consomme que les cordons ombilicaux de mes petits-fils". Rentré à la chefferie, le roi DJABOUKEM convoqua sa mère, offrit un grand festin en son honneur puis, la fit conduire au SEM-NKAN où elle fut brûlée vive.

Cet acte ayant soulevé beaucoup de controverses dans le village, le roi DJABOUKEM mourut dans les conditions mystérieuses. De nos jours, les sacrifices le concernant se font au SEM-NKAN car on ne retrouva jamais sa dépouille mortelle.

6. Fo'o YOUAYI passait pour un magicien voyant, maîtrisant l’art de décoder les gestes des mygales pour prédire l’avenir.

7. Fo'o BEUTCHOUANG, 7ème chefs de la dynastie, termina son règne étant très vieux au point qu’il ne pouvait plus sortir de la chefferie. Pour arrêter le vol dans son village, il réinstaura la peine capitale pur les voleurs. Les premiers à tomber sous le coup de cette loi furent YOUSSU et CHEZEU, présumés successeur et adjoint de Fo BEUTCHOUANG. Tentative de coup d’état ou réalité ? Ils furent conduits dans la case de Souop pour être exécutés dans la nuit par le Feue (gendarme chargé des exécutions des condamnés à mort).

A l’heure de l’exécution, NZEFANKENG aidé de SEBEUDJEU ira délivrer les prisonniers et les cachera chez lui. Lorsqu’on découvrit l’auteur de cet acte, NZEFANKENG conduisit ses protégés chez NZENANBEU. Cette deuxième cachette découverte, il les amena à BAHAM chez ZEFOTCHA.

De retour à Batié il fit circuler le message selon lequel il les avaient vendus comme esclaves. C’est en reconnaissance de cet acte que Fo BEUTCHOUANG décida que désormais ce sera NZEFANKEG qui arrêtera les rois Batié.

DE L’ESCLAVAGE AU TRONE

A la mort de Fo BEUTCHOUANG, NZEFANKENG ira chercher YOUSSU et CHEZEU avec la corde au cou comme des esclaves pour les installer sur le trône. C’est pourquoi de nos jours, lors des lamentations du chef, on voit tous les princes avec une corde au cou. C’est aussi pourquoi ils commencent le deuil avant d’arriver au Sem-Nkan.

8. Fo'o YOUSSU sera un très grand chef et un véritable conquérant multipliant expéditions sur expéditions. Sous son règne, Batié élargit ses frontières et devint l’un des plus grands royaumes de la région. C’est pourquoi Batié a été baptisé ‘Té YOUSSU’ car c’est sous son règne que Batié connut son apogée.

9. Fo'o KEMKY succéda à Youssu, et se lança dans la promotion de l’élevage du petit bétail.il sera succédé à sa mort par Kemgang-Nganhalé.

10. Fo'o KEMGANG-NGANHALE. Il favorisa les cultures agricoles et leurs extensions vers les zones non encore exploitées. Il sera succédé à sa mort par Kemgang-Mbeutchom.

11. Fo'o KEMGANG-MEUTCHOM  Œuvre pour un rayonnement commercial enviable. Le marché de la Chefferie était plein avec ses produits divers à chaque jour du marché (Kouo’ngwè). C’est sous le règne de ce roi que  l’homme blanc débarqua dans le royaume pour la première fois. C’est sous le règne de ce roi qu’on put enfin donner un successeur à MABOUATCHOU, mère de DJABOUKEM que l’on brûla vive sur place du marché SEM-KAM. Il s’agit de MEFUGOUON.

12. Fo'o KAMGANG-NGOUODEM fut un vrai sage et pacificateur, beaucoup plus préoccupé à réconcilier les gens entre eux et avec leur histoire qu’à entreprendre de grandes actions. Il fut l’un des chefs qui ne créa pas de Nkem (appelé vulgairement société secrète) disant toujours: " arrangeons d’abord celles qui existent déjà." C’est sous son règne que FOLOM, FOKI ET FOYE retrouveront quelques-uns de leurs attributs tels que le port du chapeau près du roi, la détention du Kui’fo et l’installation du "Gnihe" dans leurs concessions respectives. Ils pourront désormais se placer à côté du roi, qui fit d’eux ses plus proches collaborateurs.

13. Fo'o YOUTA NGANGUEM. Véritable précurseur de la modernisation du royaume Té  fut surnommé «Géomètre illettré de l’Ouest » par les autorités coloniales.

C’est en effet lui, jouant le rôle de géomètre, qui traça le premier parcours du tronçon Bandja –Batié - Baham de la route nationale n°2 (Douala – Bafoussam) qui a contribué puissamment au désenclavement de Batié.

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14. Fo'o DADA NGOUNOU Victor mort le 25 février 1989 fût le 14°de la dynastie. C’est sous le règne de ce roi que Batié connaîtra le développement dans le domaine des infrastructures de toutes sortes : Dispensaire, Hôpital, différentes pistes de quartiers, construction de nombreuses maisons à au palais.
Avec l’avènement de Fo'o TCHOUANKAM DADA Théodore, actuel Roi de Batié, nous en sommes au 15°de la dynastie de TATONDJAP. Qui sont par ordre.
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La Dynastie du Royaume Batié

1. TATOMDJAP Messagouon (1665-1685)

8. YOUSSU Mefossu (1820-1834)

2. NKENZE-KOUO Mefeugoung (1685-1695)

9. KAMKY Mefodom  (1834-1840)

3. TANZE-DEU (1695-1715)

10. KAMGANG 1° Nganhalé (1840-1860)

4. NGOUO-MEDOM Meguemyouo(1715-1735)

11. KAMGANG 2° Mbeutchom (1860-1875)

5. DJABOU-KEM Mebouatchou(1735-1750)

12. KAMGANG 3° Ngouodeum (1875-1920)

6. YOUAYI Meyouayi (1750-1770)

13. YOUTA NGANGUEM (1920-1966)

7. MBEUTCHOUANG Mefobeuh (1770-1820)

14. DADA Ngounou Victor. (1966-1989)